Thaïs Charvillat, directrice adjointe du périscolaire, anime depuis 2020 des ateliers consacrés au jeu d’échecs au sein de l’école Lucie Aubrac dans le quartier Barrière de Paris à Toulouse. Création d’un club et de tournois internes, engouements des enfants comme des parents, échange de savoir entre enfants, développement de l’activité… Thaïs revient avec nous sur les moments importants de l’activité.
Comment sont nés ces ateliers d’échecs ?
En tant qu’animatrice, j’ai été chargée de développer l’espace ludothèque. Il y avait des jeux d’échecs et les enfants étaient curieux. Personnellement, je savais jouer mais je n’ai jamais suivi de cours ou joué dans un club. C’est un jeu que j’aimais bien pratiquer chez moi. Quand je voyais des enfants qui ne savaient pas jouer, je me disais qu’on pourrait essayer avec mes connaissances. Donc, je me suis lancée.
J’ai commencé avec 8 participants puis 30, puis 60...
Je me suis rendu compte que l’explication des règles prenait du temps et que cela pouvait être fait de façon plus formelle et encadrée. J’ai alors proposé à ma direction de créer un créneau dédié aux échecs. Depuis 2020, les lundi ou mardi, il y a ces ateliers entre midi et deux. J’ai commencé avec 8 participants puis 30, puis 60… C’est maintenant une activité importante pour le périscolaire et nous organisons plusieurs tournois internes dans l’année.
Qu’y a-t-il dans ces ateliers ?
Je leur apprends les règles et les principes de base. Il y a aussi du jeu libre. J’accompagne vraiment les enfants dans l’utilisation, la connaissance de l’échiquier, le nom des pièces, le placement, les déplacements, à être autonome dans le jeu.
Les enfants plus avancés aident le reste du groupe
Certains se sont passionnés et ont pris une licence dans des clubs pour suivre des cours et faire des compétitions. Quand ils revenaient aux ateliers, ils avaient des choses à transmettre aux autres. Un système d’entraide s’est mis en place. Les enfants plus avancés aident le reste du groupe. Je pense que cela contribue à la réussite de l’activité en rendant plus accessible l’apprentissage. Je mets également à disposition des enfants et des enseignants les échiquiers le reste du temps.
Pourquoi les enfants se sont-ils intéressés aux échecs ?
Je pense que c’est une activité qui est suffisamment complexe pour être stimulante. Les enfants sont motivés à l’idée de se dire que c’est un jeu qui est accessible aux enfants et qui peut les mettre à la même hauteur que certains adultes. Ils se sont vite rendu compte que ce n’était pas une question d’âge. Tout le monde pouvait jouer, avoir une bonne lecture de jeu. Ils restent stimulés tout en étant canalisés et toujours en action. Ensuite, l’aspect compétition les motive. Cela se voit surtout chez les garçons. Les filles jouent tout aussi bien et sont nombreuses pour apprendre mais sont moins motivées par les compétitions.
Avez-vous rencontré des difficultés ?
Pas tant que cela et on a toujours trouvé des solutions. Lors de l’organisation du premier tournoi, j’ai dû élaborer mes propres règles et adapter le fonctionnement du jeu… Les enfants qui avaient intégré un club d’échecs ont apporté de précieux conseils notamment dans l’utilisation des pendules. Je ne connaissais pas toutes les fonctions. En termes de matériel, nous avons commencé avec 3 échiquiers. Comme l’activité a bien pris, la direction a suivi et a financé l’achat de nouveaux échiquiers et du matériel. On a maintenant 12 pendules et des échiquiers aimantés !
Les enfants ont ramené la coupe dans la cour de récré devant tous les autres
De quoi êtes-vous la plus fière ?
D’abord que l’activité soit un succès et que cela ne désemplit pas. Cela me fait plaisir de voir que cela marche toujours autant. Ensuite, il y a nos participations aux championnats scolaires. Cette année, notre équipe a terminé troisième et s’est qualifiée pour la phase académique. Après Blagnac, les enfants ont ramené la coupe dans la cour de récré devant tous les autres. On avait mis le micro et la sono ! Il y a eu un pic de popularité pendant les trois semaines qui ont suivi. Cela jouait aux échecs de partout, tout le temps ! Les enfants qui ont réussi à qualifier l’équipe sont devenus des joueurs qu’on a envie de défier, qu’on va écouter quand ils ont des conseils à donner.
On a emmené des enfants de chez nous dans les autres écoles pour montrer ce qu’on faisait
Finalement, quel bilan ?
Un bilan très positif. On a démarré avec peu de participants et peu de matériel. On a grandi d’année en année avec toujours plus de participants. On a même réussi à l’étendre à d’autres accueils périscolaires dans les Minimes. Par exemple, je suis allée intervenir dans plusieurs établissements. On a emmené des enfants de chez nous dans les autres écoles pour montrer ce qu’on faisait à Lucie Aubrac. On a été en contact avec 16 autres animateurs qui étaient intéressés.
Des conseils pour quelqu’un qui voudrait lancer une activité similaire ?
C’est un ensemble d’éléments qui a permis la réussite du projet. Suivre, encourager, soutenir les enfants est très important. Ensuite, il faut y aller progressivement : d’abord un créneau, quelques jeux puis, si ça suit, on augmente. Enfin, profiter de la visibilité que donnent nos différentes actions. Je suis, par exemple, très soutenu par mon directeur qui communique et nous aide énormément.
Et à titre personnel, que vous a apporté cette activité ?
Cela m’a permis également de découvrir l’univers des échecs, un milieu que je trouve très intéressant. Je suis surtout contente d’avoir lancé l’activité et d’être la référente alors que je ne suis pas une championne d’échecs. Et je me dis aussi que c’est peut-être ce qui a rendu l’activité plus accessible…






